Le treizième Apôtre

Attention, bombe textuelle ! Quand les religions deviennent l'enjeu d'un ouvrage - cinéma, littérature, art, ... - il n'est pas rare de voir tensions et crispations surgir. Et pourtant, cela reste juste une histoire, un peu à la manière de Alexandre Dumas qui répondait à celui qui disait qu'il "trompait l'histoire" : "oui, certes, mais je lui fais de beaux enfants !".

Revenons à nos moutons, et qui dit moutons dit berger et de là, un petit pas suffit pour tomber dans la métaphore : celui qui conduit son troupeau sur la route...

Michel Benoît, dont le présent récit pourrait être une oeuvre de fiction autobiographique, entraîne le lecteur sur des sentiers à défricher le long desquels les pièges sont tendus par les hommes des religions. Toute vérité n'est pas bonne à dire, et quand elles sont dites, les conséquences peuvent être terribles. En partant de cette idée, et d'autres, l'auteur met en action le père Nil, héros malgré lui de sa vérité : celle des fondements des trois religions monothéistes.

L'auteur a par ailleurs trouvé à justifier son oeuvre dans un texte que j'ai trouvé sur internet et dans lequel il explique sa démarche.

Un monde sans internet ! Bug ?

Quelle idée étrange. Et pourtant si dans l'aire du temps, si actuelle ! Un monde où internet ne serait plus serait-il un monde à l'agonie ?

La question n'est pas si banale qu'elle y paraît, le support utilisé pour publier la présente rubrique en est un exemple. Enki Bilal met en scène une fiction - pas si fictive... - qui prend pied sur ce postulat : internet bogue dans le monde entier et... et bien, oui, que se passe-t-il ensuite ?

Chaos et cachotteries en tous genres, oui assurément ! C'est toujours une manière de décliner les vieux poncifs du style "l'homme est un loup pour l'homme". Et ça marche !

Barcelona

L'actualité est riche de coïncidences : Barcelone a fait la une - et est toujours sous tension - en raison des velléités d'indépendance d'une partie de la population. Mon propos n'est pas ici de juger pour ou contre ce fait.

En revanche, Barcelone, phare de la culture ...heu... hispanique, concentre en son sein tout catalan, non seulement une équipe de foot de premier ordre (cette remarque est pour plaire à mon fils), mais également de nombreux points d'intérêts, dont un des plus connus est la Sagrada Familia. Ce prélude pour en arriver à son créateur, Antoni Gaudi. Qui fortuitement est le héros du présent roman, sur fond de restauration de la dynastie Bourbon à la tête de l'Espagne.

Dans les méandres de la ville, au gré des rues connues et moins connues, Gaudi guide le lecteur à travers une enquête qui dévoile ses secrets dans les tous derniers chapitres. Accompagné d'un jeune étudiant en architecture, comme lui, et d'une jolie journaliste, le futur prodige use d'un charisme que l'on imagine déjà à la hauteur de ses ambitions et de ces capacités.

La tristesse du Samouraï

"La tristesse du Samouraï". Sous ce joli titre aux reflets orientaux, se cache un drame tout méditerranéen, auréolé du sang des victimes de la guerre civile espagnole et des tragiques années qui suivirent. Des quelques cinquante tragiques années qui suivirent !

Victor del Arbol joue cruellement avec le lecteur, auquel il trace un chemin joliment accidenté, de ces accidents de la vie qui sont des coïncidences pour ceux qui ne les vivent pas, qui restent un chemin de croix pour ceux qui y sont engagés de gré ou de force.

De l'Espagne franquiste, dont chacun s'est fait une idée, à celle de la Movida, les arcanes du pouvoir ont répondu aux mêmes ressorts menés par des acteurs qui n'ont pas toujours changé ! Tristesse et vengeance sont deux leviers très forts de ce roman poignant.

Les chiens de Belfast

Belfast, c'est la résurgence des années de "troubles" contre une autorité britannique qui ne voulait pas quitter le sol irlandais. Belfast, synonyme de violence urbaine, est désormais en paix.

Belfast, c'est le décors de ce roman, trash à mon goût et quoi qu'il en soit violent. Son auteur, Sam Millar, joue avec le lecteur sur des ambiguïtés qui se lèvent peu à peu mais qui vont durer jusqu'au dénouement final. En dépit de cela, l'intrigue tient en haleine le lecteur qui aspire à atteindre rapidement le dernier chapitre, semblable à une grande bouffée d'air frais qui lui permettra de respirer après avoir retenu son souffle si longtemps.