Lectures hivernales

Depuis mon dernier billet, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts - plus ou moins abondamment selon les régions - et les livres s'entassent allègrement sur mon bureau dans l'attente d'un petit commentaire. Vu la pile, je me propose de faire une synthèse de fainéant, et laisser ainsi à chacune et chacun le loisir de se faire sa propre opinion sur les oeuvres qui ont jalonné mes derniers mois de lecture. Il s'agit là de livres "papier", j'évoquerai mes lectures électroniques ultérieurement dans un autre billet.

Pour l'heure,

J'ai peu aimé

J'ai apprécié

J'ai beaucoup aimé

Les couleurs de la révolte

Les couleurs sont à la mode. Après les bonnets rouges - dont le plus célèbre reste celui de Jacques-Yves Cousteau-, les gilets jaunes fleurissent sur les ronds-points et dans les rues, pendant que certains foulards rouges ornent ces mêmes lieux. Signe des temps, l'attribut coloré traduit l'appartenance à un groupe social qui se reconnaît des intérêts communs. Et tous ses membres revêtus de cet objet colorés, le groupe peut exister et ce confronter aux autres groupes, dès lors porteurs d'une couleur dite politique - qui ressemble évidemment à un hémisphère parlementaire - sans attribut spécifique.

Il est essentiel de noter également que, contrairement à nombre de milieux naturels, les couleurs contestataires et politiques ne se mélanges pas ! Un gilet jaune accouplé à un bonnet rouge ne donne pas de orange. Un extrémiste de droite - bleu donc - accouplé à un républicain marcheur - jaune si j'en crois la représentation hémisphérique - ne donnera pas naissance à écologiste vert. Les couleurs sont bel et bien étanches les unes aux autres. Ce qui est, nous en conviendrons tous, regrettable. Un monde coloré est certes des plus réjouissants, un monde pacifié est, par nature, apaisant.

Pourquoi donc se priver de cette perspective de mélange, de mixité, de brassage, d'hybridation, de croisement, d'entremêlement, de pêle-mêle, de pot-pourri, de mixtion, de panache - et bien d'autres encore qui témoignent de la richesse possibles des associations - qui rendrait si beau un quotidien qui aurait une fâcheuse tendance à incliner vers le brun et le noir ?

Cry for me Argentina

L'Argentine ou le retour compliqué et difficile à une vie sereine. C'est quelque peu, en substance, la réflexion de fond dans cette oeuvre de Caryl Férey. Mais l'exemple argentin n'est pas unique, puisque toute l'Amérique latine connaît - de façon très réccurente - des hauts et des bas, oscillant entre mépris des droits de l'Homme et soubressauts de démocratie entre deux dictatures.

Et dans la section "Droits de l'Homme" - ou Droit à l'Humanité, plus à propos à mon sens - le peuple Mapuche peut revendiquer son lot de mauvais traitements de la part des conquistadors - espèce toujours très active qui se caractérise par le fait que, tel un coucou, elle s'est approprié des terres déjà habitées en éradiquant, peu ou prou, les populations locales qu'elle considère dès lors comme "inférieures".

Dans Mapuche, Caryl Férey imprime son style déjà rencontré dans Zoulou et  Haka, avec un rythme très enlevé sur une toile de fond politico-historique toujours d'actualité. Addictif.

Jour du dépassement

Pas de quoi être fier ! L'humanité a - selon les calculs de la très sérieuse ONG Global Footprint Network -  consommé l'ensemble des ressources que la planète - notre planète Terre - est capable de produire en une année. Ce 1er août est le jour du dépassement - entendre "dépassement des capacités de la planète" - et nous commençons donc à hypothéquer sur l'avenir en consommant les ressources des années à venir, voire des générations à venir.

Cette perspective n'a donc rien de réjouissant, dans un contexte où chaque pays demeure libre de polluer sans autre forme de procès, au rang desquels il faut bien l'avouer les USA, la Chine et l'Inde ne sont pas les derniers. Changements climatiques et raréfaction des ressources sont au menu, les trois pays cités en prenant pour leur grade sans pour autant en accepter l'évidence ! A jouer l'autiste, il y en a bien un qui va finir par payer cher... car au bout du compte, le constat est affligeant : il faut parler "pognon" pour se faire comprendre, et tant que le porte-monnaie n'est pas touché, rien ne se passe !

A trop jouer avec la planète, ce que chacun subodore dans son coin va inéluctablement arriver. L'histoire est un éternel recommencement, et sage est celui qui sait en tirer les enseignements. Je gage ici que les sages sont partis faire un bonne sieste - ou mieux, ils ont été virés par les potentats incultes - et par voie de conséquence, la cour de récré est laissée aux plus immatures, incapables de comprendre l'impact de leurs décisions.

L'humanité vit-elle ses dernières heures ?

Champions du monde !

Champions du monde ! Ils l'ont fait et, au bout du compte, il faut tout de même saluer la performance.

Tout le monde y est allé de son commentaire, certes plus ou moins pertinent - bien des fois moins que plus, mais ça, c'est mon avis, peut-être pas pertinent... - et l'encre continue de couler dans les revues et journaux pour encenser nos stars du ballon rond, et la presse radio-télévisée surfe inlassablement sur le phénomène, faute de mieux semble-t-il.

Donc, nul ne s'étonnera dans la digne ambiance instaurée par une deuxième étoile apparue sur le maillot national, que des initiatives à la gloire de cette équipe de France victorieuse fleurissent ici et là. Surtout là. Comme celle de la RATP, qui rebaptise - temporairement et avec humour - six stations de métro à la gloire de nos champions !