et après ?

Dix jours après l'innommable, comment continuer à vivre son quotidien en faisant totalement abstraction du passé ? Entrer collectivement dans une psychose semble-t-il la meilleure attitude ? Je n'en ai pas le sentiment, mais il demeure néanmoins vrai que chaque citoyen ne peut faire l'objet d'une surveillance individuelle au nom d'une quelconque politique de prévention des risques ! Bienvenue dans le monde d'Orwell et réécrivons ensemble - ou mieux déclinons ensemble - son roman "1984".

Alors quoi ? Le monde se répartit en deux camps : celui prônant une liberté d'expression totale et entière et celui d'une liberté, certes, mais à condition que l'on ne touche pas à ce qui lui est précieux. Mais au bout du compte, l'un et l'autre de ces mondes ne défendent-ils pas les mêmes idées ? D'un côté une idée de la liberté sans tache, où chacun peut (à peut près) faire et dire ce qu'il veut ; de l'autre, une vision de la liberté où les droits sont les mêmes, faire et dire librement, mais où les gestes et discours sont soumis au droit moral supérieur - celui des autorités, quelles soient civiles ou religieuses, ou autres ! Ironiser, médire ou dessiner sur tout et n'importe quoi heurte une morale de bon aloi, et réclame en conséquence vengeance. John Stuart Mill aurait dit que "la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres".

L'escalade paraît désormais inévitable. Les intérêts des uns vont contre l'intérêt des autres et vice-versa. Jusqu'où devrons-nous aller dans nos jeux de guerre ? Après des milliers d'années de guerres civiles, religieuses, fraternelles, pour des raisons futiles et parfois sans raison, l'homme - l'Homme - reste toujours aussi con ! Et ce trait de caractère demeure, lui, universel.

Je suis Charlie

A travers l'acte odieux et innommable perpétré contre Charlie Hebdo, c'est ma propre liberté qui est meurtrie.

La barbarie a aujourd'hui deux visages, faciès de deux hommes qui se sont mis au ban d'une société dont ils ne comprennent visiblement pas les rouages.

"Liberté d'expression" ne doit pas faire partie de leur vocabulaire et doit être une notion trop compliquée pour leur esprit atrophiés, tant il est vrai que pour les simples d'esprit, la liberté peut engendrer une perte de repères alors que l'univers carcéral, fait de murs et de règles strictes, semble tellement rassurant !

Bonne année 2015

Au fait ! Quels étaient les voeux aux français présentés par les présidents successifs des 30 ou 50 dernières années ? Ceux de nos fiers présidents de la Vème République ? L'idée est plaisante, aussi pour résumer le tout, voici les voeux - certes moins solennels - d'une figure plus proche du "français moyen".


Les voeux de courage de François Morel sur... par Mediapart

Les 43 derniers voeux, depuis 1974, sont visibles sur le site Vie Publique. Quant aux plus anciens, ceux du Général, un extrait nous renvoie aux débuts de la communication télévisée et à un temps où la censure d'Etat était la norme. Mais cela est une autre histoire.

En attendant, bonne et heureuse année 2015.


Les Voeux du Général de Gaulle 1967 par michelfiore