Les couleurs de la révolte

Les couleurs sont à la mode. Après les bonnets rouges - dont le plus célèbre reste celui de Jacques-Yves Cousteau-, les gilets jaunes fleurissent sur les ronds-points et dans les rues, pendant que certains foulards rouges ornent ces mêmes lieux. Signe des temps, l'attribut coloré traduit l'appartenance à un groupe social qui se reconnaît des intérêts communs. Et tous ses membres revêtus de cet objet colorés, le groupe peut exister et ce confronter aux autres groupes, dès lors porteurs d'une couleur dite politique - qui ressemble évidemment à un hémisphère parlementaire - sans attribut spécifique.

Il est essentiel de noter également que, contrairement à nombre de milieux naturels, les couleurs contestataires et politiques ne se mélanges pas ! Un gilet jaune accouplé à un bonnet rouge ne donne pas de orange. Un extrémiste de droite - bleu donc - accouplé à un républicain marcheur - jaune si j'en crois la représentation hémisphérique - ne donnera pas naissance à écologiste vert. Les couleurs sont bel et bien étanches les unes aux autres. Ce qui est, nous en conviendrons tous, regrettable. Un monde coloré est certes des plus réjouissants, un monde pacifié est, par nature, apaisant.

Pourquoi donc se priver de cette perspective de mélange, de mixité, de brassage, d'hybridation, de croisement, d'entremêlement, de pêle-mêle, de pot-pourri, de mixtion, de panache - et bien d'autres encore qui témoignent de la richesse possibles des associations - qui rendrait si beau un quotidien qui aurait une fâcheuse tendance à incliner vers le brun et le noir ?