Les couleurs de la révolte

Les couleurs sont à la mode. Après les bonnets rouges - dont le plus célèbre reste celui de Jacques-Yves Cousteau-, les gilets jaunes fleurissent sur les ronds-points et dans les rues, pendant que certains foulards rouges ornent ces mêmes lieux. Signe des temps, l'attribut coloré traduit l'appartenance à un groupe social qui se reconnaît des intérêts communs. Et tous ses membres revêtus de cet objet colorés, le groupe peut exister et ce confronter aux autres groupes, dès lors porteurs d'une couleur dite politique - qui ressemble évidemment à un hémisphère parlementaire - sans attribut spécifique.

Il est essentiel de noter également que, contrairement à nombre de milieux naturels, les couleurs contestataires et politiques ne se mélanges pas ! Un gilet jaune accouplé à un bonnet rouge ne donne pas de orange. Un extrémiste de droite - bleu donc - accouplé à un républicain marcheur - jaune si j'en crois la représentation hémisphérique - ne donnera pas naissance à écologiste vert. Les couleurs sont bel et bien étanches les unes aux autres. Ce qui est, nous en conviendrons tous, regrettable. Un monde coloré est certes des plus réjouissants, un monde pacifié est, par nature, apaisant.

Pourquoi donc se priver de cette perspective de mélange, de mixité, de brassage, d'hybridation, de croisement, d'entremêlement, de pêle-mêle, de pot-pourri, de mixtion, de panache - et bien d'autres encore qui témoignent de la richesse possibles des associations - qui rendrait si beau un quotidien qui aurait une fâcheuse tendance à incliner vers le brun et le noir ?

Jour du dépassement

Pas de quoi être fier ! L'humanité a - selon les calculs de la très sérieuse ONG Global Footprint Network -  consommé l'ensemble des ressources que la planète - notre planète Terre - est capable de produire en une année. Ce 1er août est le jour du dépassement - entendre "dépassement des capacités de la planète" - et nous commençons donc à hypothéquer sur l'avenir en consommant les ressources des années à venir, voire des générations à venir.

Cette perspective n'a donc rien de réjouissant, dans un contexte où chaque pays demeure libre de polluer sans autre forme de procès, au rang desquels il faut bien l'avouer les USA, la Chine et l'Inde ne sont pas les derniers. Changements climatiques et raréfaction des ressources sont au menu, les trois pays cités en prenant pour leur grade sans pour autant en accepter l'évidence ! A jouer l'autiste, il y en a bien un qui va finir par payer cher... car au bout du compte, le constat est affligeant : il faut parler "pognon" pour se faire comprendre, et tant que le porte-monnaie n'est pas touché, rien ne se passe !

A trop jouer avec la planète, ce que chacun subodore dans son coin va inéluctablement arriver. L'histoire est un éternel recommencement, et sage est celui qui sait en tirer les enseignements. Je gage ici que les sages sont partis faire un bonne sieste - ou mieux, ils ont été virés par les potentats incultes - et par voie de conséquence, la cour de récré est laissée aux plus immatures, incapables de comprendre l'impact de leurs décisions.

L'humanité vit-elle ses dernières heures ?

Beaucoup de livres à lire !

Récemment, ma libraire préférée s'excusait de ne pas connaître le livre que je cherchais. Elle expliquait cette lacune par le fait de ne pas avoir le temps de tout lire. J'eus envie de répondre "heureusement !", mais m'en abstint pour ne pas ajouter de la gêne à la gêne. Cependant, elle s'est bien gardée de me rappeler qu'en tant que libraire - tout comme les bibliothècaires - elle disposait des fiches éditées par les maisons d'éditions à leur intention pour leur permettre de se tenir informés des nouveautés. Autre lacune ?

Néanmoins, cette question existentielle me taraude depuis lors. Comment arriver à lire tous les ouvrages qui sont publiés ? Mission impossible pour le commun des mortels, qui passe son temps entre travail et famille et ne dispose que d'un temps limité pour ouvrir un livre. Et encore, personnellement, je profite de tous les moments creux - transports en commun, salle d'attente, ... - pour élargir mon espace de lecture !

Voilà bien une quête sans fin si l'on veut aller au bout du bout. Mais finalement, quelle finalité dans la lecture, si ce n'est que de trouver le plaisir de se laisser emporter dans le monde créé par l'auteur - qu'il soit fictif ou réel. Moi non plus, je n'ai pas le temps de tout lire, mais je me fais plaisir à lire les ouvrages que je sélectionne. Et quand je me trompe, ou que le texte ne me convient pas, je change ! Après tout, il y a, justement, suffisamment de titres pour ne pas s'embêter avec un mauvais livre !

De la confiture à un cochon !

Le sort en est jeté depuis longtemps ! Ou l'on apprend qu'un personnage aussi peu recommandable que Francisco Franco, dictateur et fier de l'être, a reçu de la part de la République Française, "Patrie des droits de l'homme", la Légion d'Honneur - distinction honorifique suprême - ce qui laisse quelque peu pantois.

Bien évidemment, la levée de boucliers ne manque pas face à cette information qui n'avait jamais été autrement diffusée. Pensez ! L'attribution date de 1928, et comme l'explique l'article de Slate, la publication au Journal officiel de la République française n'est pas nécessaire pour les récipiendaires étrangers. Autant dire que l'honneur est ici galvaudé !

Aujourd'hui, la justice administrative se retranche derrière l'impossible défense de l'intéressé du fait... qu'il est décédé. Les exactions commises du temps de sa gouvernance ne semblent pas suffire à prouver comment il s'asseyait sur l'honneur et le respect d'autrui ! Débouté en première instance, l'affaire est portée en appel devant la Cour administrative d'appel de Paris. La suite dans quelques mois... ou années.

Des nouvelles d'un projet libre : autour de Bach

La pianiste Kimiko Ishizaka poursuit son chemin dans l'ouverture à tous des oeuvres de Jean-Sébastien Bach. Après "Les variations Goldberg", "Le clavier bien tempéré", Kimiko "souhaite enregistrer et publier sous la license Creative Common zero non seulement son interprétation de L'art de la fugue de Bach, mais aussi la finale de cette pièce inachevée, qu'elle a elle même composé", dixit son agence. Un projet qui était ouvert à la souscription sur Kickstarter.com, laquelle me semble aujourd'hui close... vu mon retard à l'allumage !

Quoiqu'il en soit, l'aventure de JS Bach dans le monde du libre se poursuit, pour le plus grand plaisir des mélomanes.