Monsanto - acte II

Le tribunal international Monsanto a rendu son avis sur les activités de la firme américaine, qu'elle qualifie d'"écocide". Extraits :

Le Tribunal International Monsanto est un tribunal d’opinion "extraordinaire" mis sur pied à l'initiative de la société civile afin d'éclairer les conséquences juridiques qui découlent de certaines activités de la firme Monsanto. Les audiences se sont déroulées du 16 au 18 octobre 2016 à La Haye pour permettre aux juges de recueillir des témoignages permettant de répondre aux six questions posées au Tribunal.

L'avis consultatif rendu par celui-ci inclut une analyse juridique des questions posées, à la fois au regard du droit international et du droit prospectif, en vue de faire progresser le droit international des droits de l’homme et le droit international de l’environnement.

L’avis est structuré en trois parties. La partie introductive rappelle les conditions dans lesquelles le Tribunal a été mis sur pied. La partie centrale examine les six questions qui sont posées au Tribunal. La troisième et dernière partie aborde, sur un plan plus général, l'asymétrie croissante entre les droits reconnus aux entreprises et les contraintes qui leur sont imposées au nom de la protection des communautés locales là où elles opèrent ou des générations futures.

La presse relaie cette information, avec plus ou moins de recul, comme Le Monde qui titre sur la firme "coupable d'atteinte aux droits humains" et revient sur "un demi siècle de scandales sanitaires", Médiapart qui appuie sur la "reconnaissance de l'écocide" ou Huffingtonpost qui - sous la plume de Mme Lepage, connue pour son engagement dans la sauvegarde de l'environnement - relate également la décision du tribunal. On notera toutefois, et l'effet "campagne électorale" n'a rien à voir, que certains journaux s'abstiennent de tout commentaire... de peur de blesser le monstre ? Au passage, la bienséance voudrait que je précise que ce dernier s'insurge contre cette décision dans une lettre ouverte publiée sur son site, et que ce faisant, la société réaffirme clairement que seul l'intéresse la rentabilité et les dividendes. Le reste, n'est évidemment qu'empêcheurs de tourner en rond et piétaille bonne qu'à nourrir son insatiable appétit pécunier... !

Du sang dans la prairie ! Monsanto frappe encore et toujours

Là où il y a du flou, il y a un loup ! et Monsanto !

Non content de répandre un produit plus que toxique, la firme américaine collectionne les mauvais points.  En témoigne l'histoire de cette vietnamienne qui lutte contre Goliath depuis les années 70 et la fin de la guerre du Viet-Nam.

Et comme si de rien n'était, Monsanto veut s'offrir une jouvence en se glissant sous l'aile protectrice d'un autre géant de l'industrie chimique, Bayer. Lequel il est vrai hésite en raison de la vitrine que présente ce partenaire pas vraiment idéal... Mais l'argent, depuis le commencement des temps, n'a toujours pas trouvé d'autre parfum que celui de la cupidité.

Les informations et les preuves s'accumulent contre ce nuisible, pour lequel aucun machin-cide n'a encore été mis au point. Mais selon l'adage, tout vient à qui sait attendre...

Vade retro Monsanto !

Tel l’hydre de Lerne dont les têtes repoussaient dès qu’elles étaient coupées, Monsanto use de ses tentacules pour maintenir son empire funeste en activité. Dans un article d'octobre 2016, le journal Slate faisait un parallèle intéressant entre la firme et le fait historique, remontant à quelques siècles, fomenté par Philippe le Bel à l’encontre de l’ordre des chevaliers-moines Templiers. L’idée ? Ramener le groupe à ses responsabilités, en rappelant à ses dirigeants et actionnaires que nul n’est au-dessus des lois. Et c’est là, la difficulté ! Quelle loi ? D’où le délai de réflexion des juges pour délibérer et construire un délibéré solide et sans faille qui puisse servir de base auprès d’autres juridictions. Pour illustrer les propos, voici une synthèse de trois années d’enquête sur l’ogre Monsanto : video