Lectures hivernales

Depuis mon dernier billet, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts - plus ou moins abondamment selon les régions - et les livres s'entassent allègrement sur mon bureau dans l'attente d'un petit commentaire. Vu la pile, je me propose de faire une synthèse de fainéant, et laisser ainsi à chacune et chacun le loisir de se faire sa propre opinion sur les oeuvres qui ont jalonné mes derniers mois de lecture. Il s'agit là de livres "papier", j'évoquerai mes lectures électroniques ultérieurement dans un autre billet.

Pour l'heure,

J'ai peu aimé

J'ai apprécié

J'ai beaucoup aimé

Enquête en eaux troubles

Mais que fait la police ?!? La question est bateau, certes. Mais quand on mélange un cadavre qui se réveille sur la table d'autopsie, un autre qui applique la théorie de l'auto-combustion, et des dossiers qui disparaissent à des fins statistiques, que fait la police ?

Le capitaine Coste, héros de Olivier Norek, est confronté à une situation peu banale qui ne lui laisse que peu de marge de manoeuvre, au milieu d'un système qui se veut au contrôle de tout et de tous. Entouré d'une équipe brinquebalante en proie aux doutes, il lui faudra faire montre de ténacité et de persuasion pour aller au bout de son enquête.

Le code 93 - 93 comme neuf trois - se déroule essentiellement en Seine-Saint-Denis et l'auteur joue beaucoup avec l'image et la réputation du département, justement.

La tristesse du Samouraï

"La tristesse du Samouraï". Sous ce joli titre aux reflets orientaux, se cache un drame tout méditerranéen, auréolé du sang des victimes de la guerre civile espagnole et des tragiques années qui suivirent. Des quelques cinquante tragiques années qui suivirent !

Victor del Arbol joue cruellement avec le lecteur, auquel il trace un chemin joliment accidenté, de ces accidents de la vie qui sont des coïncidences pour ceux qui ne les vivent pas, qui restent un chemin de croix pour ceux qui y sont engagés de gré ou de force.

De l'Espagne franquiste, dont chacun s'est fait une idée, à celle de la Movida, les arcanes du pouvoir ont répondu aux mêmes ressorts menés par des acteurs qui n'ont pas toujours changé ! Tristesse et vengeance sont deux leviers très forts de ce roman poignant.

Hey Sheriff !

Le sheriff Longmire fait son retour, avec deux molosses aux trousses. Et quelques cadavres pour saupoudrer le tout. Et une adjointe toujours aussi crue, mais tellement adorable ! Enfin, avec son monde perdu au fin fond du Wyoming, sous la neige et le froid.

Ce roman est un vrai délice. Craig Johnson fait preuve d'une plume légère, teintée d'humour - parfois noir - mais de bon aloi. Tous les ingrédients sont réunis pour passer un très bon moment.

Ou bien était-ce mes conditions de lectures qui étaient si agréables que je l'ai dévoré comme mon chien dévore sa pâtée ? Le soleil, le sable, la mer...

Un certain charme pékinois

Atmosphère feutrée et ambiance empreinte de culture chinoise traditionnelle, quand bien même l'action se situe de nos jours.

He Jiahong écrit un roman qualifié par certains de "shelockholmien" en raison du raisonnement induit par l'énigme, qui ne manque pas d'humour et où les relations sous-tendues entre les acteurs présents, à commencer par le héros et sa secrétaire, laissent entrevoir, pudiquement, de possible développements, faits de chinoiseries évidemment.

Maître Hong Ju mène une enquête difficile, où à travers les faux-semblants et non-dits, il lui faut trier le bon grain de l'ivraie et en déduire la susbtantifique moelle pour conclure. Epaulé d'une assistante des plus capables et débrouillarde - et l'imagination fait le reste ! - l'affaire est enlevée avec une dose d'exotisme et d'orientalisme bien agréable.