Lectures hivernales

Depuis mon dernier billet, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts - plus ou moins abondamment selon les régions - et les livres s'entassent allègrement sur mon bureau dans l'attente d'un petit commentaire. Vu la pile, je me propose de faire une synthèse de fainéant, et laisser ainsi à chacune et chacun le loisir de se faire sa propre opinion sur les oeuvres qui ont jalonné mes derniers mois de lecture. Il s'agit là de livres "papier", j'évoquerai mes lectures électroniques ultérieurement dans un autre billet.

Pour l'heure,

J'ai peu aimé

J'ai apprécié

J'ai beaucoup aimé

Jeux de miroirs

La réalité n'est pas toujours celle que l'on croit comprendre ! C'est en substance ce qu'il faut retenir de cet ouvrage écrit par E.O. Chrirovici, auteur roumain.

"Jeux de miroirs" est un roman à tiroirs, ou à dimension variable selon les reflets que l'on peut y percevoir. Le postulat de départ est simple : un agent reçoit un manuscrit - incomplet - d'un auteur en recherche d'éditeur, auquel il prédit un succès flamboyant... à condition qu'il arrive à trouver l'intégralité du texte.

D'où une enquête à bâtons rompus pour retrouver l'objet convoité, des questions sans réponses et des réponses qui laissent plus que perplexe les protagonistes. Jusqu'à un épilogue somme toute logique, après coup.

Un moment très plaisant offert par cet auteur que je découvre.

Tous les démons sont ici

Le shériff Walt Longmire arpente à nouveau les montagnes du Wyoming, rendues plus périlleuses encore par la présence d'un dangereux sociopathe qu'il pourchasse avec l'opiniâtreté d'un chasseur qui n'abandonnera sa proie pour rien au monde.

Craig Johnson pose l'histoire dans un décors montagneux de fin du monde, au rendu obscur et hostile, tant par les éléments naturels au coeur desquels se déroule l'action que par le jeu du bon et du méchant que se livrent les protagonistes. Les ombres se meuvent dans un climat sombre où la seule lumière semble provenir des lourds nuages noirs déversant avec abondance une neige dense, ce que les indiens appellent "jour blanc".

Dans cette obscurité quasi permanente se mêlent et s'entremêlent légendes, peurs et revenants. Et la course contre la mort n'a de cesse de s'arrêter que la dernière page soit atteinte...

Manipulations

De vieilles odeurs de guerre froide se dissipents dans le sillage de ce thriller mené tambour battant par Raymond Khoury. L'action n'a de cesse de se poursuivre, jusqu'à épuisement du lecteur comme du héros qui combat un méchant... vraiment pas sympa !

C'est normal, lorsque l'enjeu est de posséder - et surtout d'utiliser - une arme de quasi destruction massive. Imaginez ! Détenir un engin capable de manipuler les populations... Cela fait froid dans le dos rien que d'y penser. Déjà qu'avec la télévision et internet, nombreux sont ceux qui oublient qu'ils ont un cerveau pour s'en servir !

L'ouvrage se lit avec addiction, d'une traite si le souffle tient.

Enquête en eaux troubles

Mais que fait la police ?!? La question est bateau, certes. Mais quand on mélange un cadavre qui se réveille sur la table d'autopsie, un autre qui applique la théorie de l'auto-combustion, et des dossiers qui disparaissent à des fins statistiques, que fait la police ?

Le capitaine Coste, héros de Olivier Norek, est confronté à une situation peu banale qui ne lui laisse que peu de marge de manoeuvre, au milieu d'un système qui se veut au contrôle de tout et de tous. Entouré d'une équipe brinquebalante en proie aux doutes, il lui faudra faire montre de ténacité et de persuasion pour aller au bout de son enquête.

Le code 93 - 93 comme neuf trois - se déroule essentiellement en Seine-Saint-Denis et l'auteur joue beaucoup avec l'image et la réputation du département, justement.