Lectures hivernales

Depuis mon dernier billet, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts - plus ou moins abondamment selon les régions - et les livres s'entassent allègrement sur mon bureau dans l'attente d'un petit commentaire. Vu la pile, je me propose de faire une synthèse de fainéant, et laisser ainsi à chacune et chacun le loisir de se faire sa propre opinion sur les oeuvres qui ont jalonné mes derniers mois de lecture. Il s'agit là de livres "papier", j'évoquerai mes lectures électroniques ultérieurement dans un autre billet.

Pour l'heure,

J'ai peu aimé

J'ai apprécié

J'ai beaucoup aimé

Cry for me Argentina

L'Argentine ou le retour compliqué et difficile à une vie sereine. C'est quelque peu, en substance, la réflexion de fond dans cette oeuvre de Caryl Férey. Mais l'exemple argentin n'est pas unique, puisque toute l'Amérique latine connaît - de façon très réccurente - des hauts et des bas, oscillant entre mépris des droits de l'Homme et soubressauts de démocratie entre deux dictatures.

Et dans la section "Droits de l'Homme" - ou Droit à l'Humanité, plus à propos à mon sens - le peuple Mapuche peut revendiquer son lot de mauvais traitements de la part des conquistadors - espèce toujours très active qui se caractérise par le fait que, tel un coucou, elle s'est approprié des terres déjà habitées en éradiquant, peu ou prou, les populations locales qu'elle considère dès lors comme "inférieures".

Dans Mapuche, Caryl Férey imprime son style déjà rencontré dans Zoulou et  Haka, avec un rythme très enlevé sur une toile de fond politico-historique toujours d'actualité. Addictif.

Jeux de miroirs

La réalité n'est pas toujours celle que l'on croit comprendre ! C'est en substance ce qu'il faut retenir de cet ouvrage écrit par E.O. Chrirovici, auteur roumain.

"Jeux de miroirs" est un roman à tiroirs, ou à dimension variable selon les reflets que l'on peut y percevoir. Le postulat de départ est simple : un agent reçoit un manuscrit - incomplet - d'un auteur en recherche d'éditeur, auquel il prédit un succès flamboyant... à condition qu'il arrive à trouver l'intégralité du texte.

D'où une enquête à bâtons rompus pour retrouver l'objet convoité, des questions sans réponses et des réponses qui laissent plus que perplexe les protagonistes. Jusqu'à un épilogue somme toute logique, après coup.

Un moment très plaisant offert par cet auteur que je découvre.

Histoire de religion

La religion - les religions devrais-je dire ! - est une source inépuisable d'inspiration ! Surtout lorsqu'il s'agit de rapprocher l'approximatif des textes, écrits avec emphase et magnificence pour conserver la trace d'un passé, d'une réalité beaucoup plus prosaïque et pragmatique. Dès lors, les théories, instituées par la foi de ceux qui les ont portées, sont évidemment sources de toutes les attentions. Quand il s'agit d'une religion, l'affaire devient sensible ; quand le parti est pris d'étendre le discours aux trois religions monothéistes, c'est chaud !

Michael Byrnes développe son point de vue à travers une enquête menée par une généticienne et un anthropologue, tous deux attachés à vérifier scientifiquement leur constatations et à n'en pas déroger. Attitude qui ne peut être saluée. Mais qu'en est-il lorsque la science conduit à douter du fondement même du dogme ?

"Le Secret du Dixième Tombeau" est une enquête haletante et bien construite, dont les ingrédients sont savamment dosés pour le plaisir des lecteurs.

Tous les démons sont ici

Le shériff Walt Longmire arpente à nouveau les montagnes du Wyoming, rendues plus périlleuses encore par la présence d'un dangereux sociopathe qu'il pourchasse avec l'opiniâtreté d'un chasseur qui n'abandonnera sa proie pour rien au monde.

Craig Johnson pose l'histoire dans un décors montagneux de fin du monde, au rendu obscur et hostile, tant par les éléments naturels au coeur desquels se déroule l'action que par le jeu du bon et du méchant que se livrent les protagonistes. Les ombres se meuvent dans un climat sombre où la seule lumière semble provenir des lourds nuages noirs déversant avec abondance une neige dense, ce que les indiens appellent "jour blanc".

Dans cette obscurité quasi permanente se mêlent et s'entremêlent légendes, peurs et revenants. Et la course contre la mort n'a de cesse de s'arrêter que la dernière page soit atteinte...