Détour

Retour aux fondamentaux du roman noir avec ce roman, noir à souhait.

Martin M. Goldsmith dessine une trame enrobée de mystère et de sentiments  exacerbés, propices au drame d'un scénario... noir ! Une histoire somme toute banale, d'une homme amoureux d'une jeune fille partie chercher gloire et fortune au pays des rêves. Quoi de plus simple ? Ou quand la poisse s'en mêle !

Pour le plaisir, Edgar George Ulmer en a fait un film (noir et blanc, évidemment).

La version proposée ici est sous-titrée en français. Pour les amateurs du 100% pur jus, une version originale sans sous-titre est accessible ici, sur le site archive.org.

 

Un maniaque dans la ville

Entendons-nous bien, le terme "maniaque" du titre a ici essentiellement une connotation... psychiatrique. Et tout est dit, ou presque. L'auteur, Jonathan Kellerman, met en scène un couple composé d'un policier (normal, dans une enquête) et d'un psychologue (plus rare).

Et là, j'ouvre une parenthèse (

Il est certes plus rare de rencontrer un psy"chose", mais la recette fait ses preuves : cf. "profilage", "mentalist" et autres séries où des profileurs épaulent de manière très efficace les rudes policiers de terrain - ou dit autrement, quand le cérébral prend le pas sur le muscle...

) Je ferme la parenthèse.

Et le couple fonctionne plutôt bien dans cet ouvrage, conté du point de vue du psy, ce qui n'est pas anodin lorsque l'on sait que l'auteur est lui-même issu du même giron.

Mort à marée basse

Une nouvelle aventure du commissaire Van In, féru de Duvel et amoureux de son épouse. Ce dernier point à son importance, car Pieter Aspe n'a de cesse, au cours de cette enquête, de mettre sur la route de son commissaire nombre de jolies créatures qui, telles les sirènes d'Ulysse, cherchent - ou pas d'ailleurs - à l'attirer dans leur filet.

Sur les traces de Simenon, autre auteur belge, qui avait invité régulièrement le lecteur chez son commissaire Maigret, dans son intimité familiale, Pieter Aspe partage avec ses lecteurs une tranche de vie de son commissaire Van In. Un roman noir qui fait la part belle à la famille, avec la ville de Bruges en arrière plan.

Oiseaux de malheur

Lew Archer subit les évènement et tombe amoureux ! Que peut-il arriver de pire au beau gosse à la belle gueule - Lew Archer a pris les traits de Paul Newman au cinéma, c'est dire ! - amateur de jolies filles, certes, mais résolument célibataire ? Oui, s'amouracher de la femme d'un autre, surtout quand "l'autre" est soupçonné d'être un dangeureux tueur en série.

Ross MacDonald prend plaisir a laisser son héros dans un marasme sentimentalo-policier, tout en lui épargnant pour une fois d'en prendre plein la gueule. Pour autant, le tableau au vitriol qu'il signe ici est conforme à son esprit : l'Amérique n'en sort pas grandie.

Roman noir, roman de gare ?

Retour aux sources : James Hadley Chase, écrivain reconnu du genre noir - pour autant considéré comme roman de gare, donc littérature mineure -, sort de son schéma narratif habituel dans cet ouvrage.

En effet, dans ce roman, "douze balles dans la peau", le héros prend le lecteur à contre-pied en cherchant à se débarrasser de son statut de mauvais garçon. Pour une fois, il est nanti, même s'il n'a pas toujours roulé sur l'or, et se prévaut d'une situation qui lui permet de profiter de son temps. Evidemment, cela ne peut durer !

Une histoire simple, écrite en langage châtié, confirmant le nouveau statut social du héros, que le lecteur suit comme un film sur grand écran.